
Le projet fait partie du Programme national de recherche 80 : « Covid-19 dans la société » et est financé par le Fonds national Suisse.
Contexte
La solitude et les moyens de la réduire doivent faire l'objet de recherches plus approfondies. Avant même la pandémie, entre 1/5 et 1/3 de la population souffrait de solitude. Il s'agit d'un risque sérieux pour la santé mentale et physique. Il est nécessaire d'inclure des mesures de prévention et d'atténuation de la solitude (LPAI) dans les plans de gestion de la pandémie (PMP) afin de réduire les effets psychologiques, physiques et comportementaux des mesures d'isolement social, d'améliorer le bien-être individuel et social et de mettre en place des stratégies visant à réduire le fardeau causé par les pandémies.
Description
Il est largement reconnu que la pandémie et les mesures restrictives successives ont gravement perturbé la vie quotidienne et détérioré la santé mentale de la population. Outre la maladie et la mort, la pandémie s'est caractérisée par une perturbation des interactions sociales, un isolement social accru et une solitude accrue. Les conséquences sur la santé mentale ont été très variables et dépendaient fortement du contexte social propre à chaque individu. Alors que le groupe de travail scientifique national sur la COVID-19 a proposé dès juin 2020 d'inclure des mesures d'atténuation des principaux facteurs de stress dans les plans de gestion de la pandémie (PMP), les recherches approfondies sur les mesures concrètes et sur l'équilibre éthique entre la prévention des problèmes de santé mentale et la prévention de la propagation du virus restent rares.
L'objectif est d'étudier en profondeur les expériences des personnes touchées par la solitude afin d'identifier les types et les justifications des interventions de prévention et d'atténuation de la solitude qui peuvent éclairer les PMP. Une enquête par questionnaire permettra de confirmer l'utilité perçue des mesures d'atténuation de la solitude.
Résultats
Le projet INCLUDE a déjà donné lieu à plusieurs publications scientifiques. L'article de Gemma Garcia montre que le maintien des relations sociales devrait être pris en compte comme un objectif éthique central dans les futurs plans de lutte contre les pandémies, au même titre que la protection de la santé physique.
Une autre étude dirigée par Stephen Milford a examiné les mesures existantes visant à prévenir et à atténuer la solitude, et a établi des comparaisons entre la Suisse et l’Irlande. Les résultats montrent que de nombreuses offres existent déjà dans ces deux pays, mais qu’elles sont principalement portées par des organisations de la société civile et s’adressent surtout aux personnes âgées.
L’équipe du projet a par ailleurs présenté ses travaux lors de nombreuses conférences internationales, notamment la 17e Conférence mondiale sur la bioéthique, l’éthique médicale et le droit de la santé en Slovénie, la Conférence annuelle de l’EACME, la Conférence internationale d’Oxford sur la santé mondiale et la bioéthique 2025 ainsi que la 37e Conférence européenne sur la philosophie de la médecine et des soins de santé au Royaume-Uni.
Au-delà de la recherche, les résultats du projet ont pu être intégrés dans divers contextes sociaux et politiques. Dans l’ouvrage multidisciplinaire Solitude, publié par la Fondation Christoph Merian, Annika Rohrmoser aborde les mesures visant à prévenir et à réduire la solitude aux niveaux individuel, communautaire et sociétal, ainsi que les défis liés à leur mise en œuvre pratique.
L’équipe du projet a également présenté ses conclusions dans le cadre d’une manifestation parlementaire au Palais fédéral, ce qui lui a permis d’introduire le thème de la solitude dans le débat politique au-delà des clivages partisans.
Les conclusions du projet INCLUDE ont également été intégrées dans des projets culturels et sociaux. Annika Rohrmoser a ainsi participé à la conception de la performance de danse Is That All There Is de Tabea Martin, qui aborde la solitude sous un angle artistique. Elle fait par ailleurs partie du comité consultatif du programme cantonal de prévention de la solitude du canton de Bâle-Ville – le premier programme cantonal de ce type en Suisse.
Le projet a également trouvé un écho dans l’enseignement universitaire. Dans le cadre de la série de conférences de l’IBMB intitulée Contemporary Debates in Bioethics, des expert·e·s international·es de la recherche sur la solitude – parmi lesquels la professeure Susanne Bücker, Nina Goldman et Victor Strazzeri – ont débattu avec des chercheur·e·s et des étudiant·e·s des questions scientifiques, éthiques et sociétales actuelles liées à la solitude.
Les travaux sur le thème de la solitude se poursuivront même après la clôture du PNR 80 et donneront lieu à d’autres publications scientifiques dans les années à venir. L’équipe de recherche continue de s’engager dans les milieux scientifiques, politiques et sociaux afin de développer des stratégies fondées sur des données probantes pour prévenir et atténuer la solitude, et de promouvoir le transfert de connaissances vers la pratique et la politique de santé.
Vous trouverez un aperçu sur la page du projet du FNS.
Chercheurs principaux
Prof. Dr. Bernice Elger, Institut d'éthique biomédicale, Université de Bâle ; Unité de droit de la santé et médecine humanitaire, Centre de médecine légale, Université de Genève
Prof. Dr. Rainer Greifeneder, Faculté de psychologie, Université de Bâle
Autres membres de l'équipe
Dr. Cristina Priboi
Gemma García, Doctorante
Annika Luisa Rohrmoser, Doctorante
Hannah Assunta Bolt, Doctorante
Contact: Prof. Bernice Elger b.elger@clutterunibas.ch